Compte-rendu de l’atelier « Permaculture, effondrement et résilience » du 17 octobre 2019

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Nous étions 15 personnes réunies ce jeudi 17 octobre 2019 au soir, à la Manufacture des Tabacs de Nantes, pour débattre sur la question de l’effondrement et des réponses que nous pouvons y apporter en tant que permaculteurs.

1° Les ressources évoquées sur le sujet de l’effondrement :

  • « Cataclysmes, une histoire environnementale de l’humanité » de Laurent Testot
  • « Les 5 stades de l’effondrement » de Dmitry Orlov
  • « Comment tout peut s’effondrer » de Raphaël Stevens et Pablo Servigne
  • « L »âge des low-tech » de Philippe Bihouix
  • Le scénario Afterres 2050 édité par SOLAGRO
  • Les conférences en lignes de Jean-Marc Jancovici (voir ses sites Shift Project et Carbone 4)
  • « Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » de Jared Diamond
  • « L’Effondrement des sociétés complexes » de Joseph Tainter
  • Le rapport Meadows de 1972
  • Les travaux de Marc Halévy – voir http://www.noetique.eu/
  • Les travaux de Gaël Giraud, dont son point de vue sur l’effondrement
  • « Dans la forêt« , roman de Jean Hegland
  • « Le cri du colibri », roman de Michel Hutt
  • « L’Humanité en péril » de Fred Vargas

2° Les notions d’effondrement et de résilience ont été précisées comme :

pour l’effondrement : la baisse brutale de la production industrielle et de la population dans une société donnée

pour la résilience : la capacité d’un système à s’adapter face à une crise / un choc afin de rétablir ses fonctions vitales

3° Concernant les causes et les conséquences probables de l’effondrement potentiel de notre société, il a été constaté qu’il était difficile de faire une distinction nette elles : un phénomène d’effondrement est dynamisé par un cercle vicieux où les conséquences deviennent à leur tour les causes d’une aggravation de la situation.

Dans les causes / conséquences ont été citées : le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources fossiles, la pénurie d’eau, l’effondrement du système financier mondial, la crise des institutions politiques, le risque de pandémies, les risques technologiques liés aux sites industriels, les conflits sociaux, la hausse de la mortalité, la hausse des flux migratoires, la fin d’une croyance partagée dans le futur – avec pour facteur fragilisant l’extrême tension des flux de biens et services dans l’économie mondialisée.

4° En reprenant la fleur des domaines d’application de la permaculture, de nombreuses idées ont émergé comme autant de stratégies de résilience à mettre en oeuvre dès aujourd’hui :

Dans le domaine des « Soins à la nature et à la terre »

  • Mettre en place une autonomisation alimentaire à l’échelle individuelle et collective -par contre l’échelle territoriale pertinente pose question
  • Prendre soin des agriculteurs en activité pour faciliter leur transition vers l’agroécologie, souvent loin d’être évidente pour des raisons sociales, techniques et économiques
  • Instaurer des ceintures maraîchères autour des villes
  • Planter de nombreux arbres
  • Changer notre regard sur le « beau » en paysagisme, pour passer du « propre » au « nourricier »

Dans le domaine de l’habitat

  • Transformer les habitats pour en faire, au-delà de simples logements, des lieux de production et stockage de nourriture et d’énergie
  • Concevoir des habitats participatifs ou du moins créer des communs dans les habitats (solidarité, échanges de services, d’outils, espaces communs)
  • Utiliser des matériaux durables dans le temps et des procédés constructifs facilement réparables
  • L’habitat mobile n’est-il pas la meilleure réponse face au changement climatique ?

Dans le domaine des outils et technologies

  • Diffuser les solutions de conservation et cuisson des aliments low-tech et peu énergivores
  • Redécouvrir les moulins à eau et à vent comme lieux de production polyvalents
  • La traction animale est-elle réellement pertinente au niveau agronomique et économique ? Débat non conclu
  • Pouvoir identifier les personnes savantes sur un territoire, médiathèques vivantes fort utiles
  • Aider à la relocalisation des filières économiques via nos modes de consommation

Dans le domaine du foncier et de la gouvernance

  • La notion de « démocratie alimentaire » intéresse et fait débat
  • Municipalisation de l’eau via les régies
  • Quelle gouvernance pertinente dans des situations d’urgence ?
  • Courant du municipalisme théorisé par Murray Bookchin – voir page dédiée sur Wikipédia
  • Interroger les séniors sur leur expérience de la Seconde Guerre mondiale

De façon transversale, la question de l’échelle des stratégies de résilience est revenue constamment dans les débats ainsi que la question de l’identification des besoins réellement vitaux à satisfaire dans une situation de crise.

Egalement la question de comment sortir de l’entre-soi et mobiliser largement la population sur nos territoire est prégnante. Le constat est que la plupart d’entre nous avons besoin de faire face à une information sensible, incarnée (ex : sécheresse) pour prendre conscience d’une problématique et y accorder suffisamment de crédit pour nous mobiliser.

En fin des participants ont partagé sur l’éco-psychologie, incarnée en France (entre autres) par les Roseaux Dansants via le « travail qui relie » – voir http://roseaux-dansants.org/jm.htm


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