La permaculture

Figer une définition commune de la permaculture est chose difficile, car, à l’image de la méthode de conception qu’elle propose, chaque contexte – c’est à dire chaque individu essayant de formuler une définition – donnera lieu à une expression différente et tout autant valable.

Ce qui suit est donc une proposition émise par Permaculture 44, bien que d’autres formulations soient possibles:

la permaculture est l’art de concevoir des écosystèmes durables, efficients et résilients capables de répondre aux besoins humains dans leur globalité, via une méthodologie holistique et une philosophie éthique.

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La permaculture a été conceptualisée il y a près de 40 ans en Australie par Bill Mollison et David Holmgren. Leur source d’inspiration repose sur les relations des aborigènes avec la nature. Le terme « Permaculture » est entré tardivement dans le dictionnaire français, dans l’édition 2010 du Petit Robert, et se réfère initialement à « Agriculture Permanente », en opposition aux pratiques agricoles non-durables qui mettent en danger la fertilité des sols et dépendent d’intrants pétro-chimiques.

La permaculture est à la fois une science, un mode de pensée et une philosophie qui applique une éthique. Au centre de la permaculture, il y a trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain, et partager équitablement. Ils forment le socle de la conception permaculturelle. On les retrouve dans la plupart des sociétés traditionnelles.

La particularité de la permaculture est sa vision systémique. Plutôt que d’étudier chaque élément d’un système séparément, la permaculture s’attache aux connexions entre les éléments. On ne peut pas comprendre la forêt en étudiant séparément les arbres, les insectes, les bactéries, le sol, etc., mais en observant les relations fonctionnelles entre ces éléments, qui font de la forêt plus qu’une simple somme d’arbres, un véritable écosystème auto-régulé. La permaculture consiste à observer les relations entre ces éléments et les reproduire par une création organisationnelle systémique.

La permaculture consiste donc avant tout à concevoir un système organisationnel optimisant les interactions entre les éléments via le « Design de permaculture » et sa palette d’outils. C’est une phase qui intervient en amont de la production. Libre à chacun d’appliquer ensuite les techniques de l’agro-écologie, du bio, de la biodynamie, etc pour mettre son projet permacole en œuvre.

La permaculture n’est pas l’agriculture biologique. Il ne s’agit pas d’une technique uniquement agricole, puisqu’elle s’applique à d’autres domaines tel l’habitat. Également, la notion de biodiversité est essentielle en permaculture, or des hectares de production biologique de choux restent très pauvres en biodiversité. La permaculture n’est pas non plus l’agro-écologie. Réaliser des buttes ou mandalas relève de techniques de production, pas d’organisation.