Manifeste

Le fait est que la permaculture est un programme Politique universel. Et que, malgré elle, elle représente un changement radical de paradigme.

En ignorant cela, on peut rendre la permaculture fasciste, capitaliste, communiste, anarchiste … La permaculture a son propre programme Politique qui tient en trois lignes :
Prendre soin de l’Humain,
Prendre soin de la Terre,
Partager équitablement les ressources.

Évidemment, si l’on élude les principes éthiques, alors on peut croire que la permaculture ne s’occupe pas, en soi, de Politique au sens noble du terme, et dire que « le mouvement permaculturel a tout intérêt à penser le politique ».

Quand on lit les principes éthiques de la permaculture, on peut envisager que la seule révolution qui vaille soit l’évolution en soi. Une (r)évolution douce parce qu’il n’est pas question de se mettre soi-même à feu et à sang, tout comme de détruire autrui.

En dehors de cette seule (r)évolution (pas tous les jours facile), la permaculture n’envisage pas de dresser une partie de l’humanité contre l’autre.

La permaculture ne détient aucune Vérité sur le (dys)fonctionnement de notre société et la solution politique globale à y apporter. La permaculture ne saurait endosser les responsabilités de qui que ce soit, ni sauver personne. Au contraire, en redonnant aux personnes leur pouvoir (de penser, de communiquer, d’agir, d’assumer leurs responsabilités), la permaculture libère les individus des excès des personnes et des institutions prétendant penser et agir à leur place.

La permaculture transcende les différences, beaucoup de personnes y viennent de tous horizons et c’est la preuve même de sa justesse. Elle voit tellement globalement juste qu’elle touche chaque individu sous un angle ou un autre. Et elle incite à être ouvert sur les différentes façons de vivre la permaculture.

La permaculture fait converger et inévitablement cette convergence se fait à partir de points distants, voir très distants. Diamétralement distants parfois. Parce qu’elle est basée sur la Nature des êtres et des choses, la permaculture parle à tout le monde. Nous avons absolument tous à gagner à vivre dans un monde permaculturel, tous.

La permaculture ne peut être révolutionnaire puisque la permaculture préconise les solutions lentes et à petite échelle et les solutions les moins énergivores. Une révolution, historiquement parlant, c’est tout l’inverse.

La permaculture, bien entendue, vise plutôt à être l’alternative à tout changement brutal de société qui puisse se profiler. Puisqu’elle vise à la résilience des personnes et des communautés.

Les catastrophes naturelles ou anthropiques, dont les révolutions, sont des changements brutaux.

La permaculture n’élude pas les sujets qui fâchent, mais elle ne les aborde que pour leur intérêt propre. Par exemple : le crack pétrolier qui arrive, le crack du manque de biodiversité qui arrive également.

La permaculture a bien vu que le système actuel contient en lui même les germes de révolutions latentes. Et la permaculture a bien vu aussi que certains paramètres peuvent amener ces germes à devenir réalité, notamment une fluctuation du prix du pétrole ou des denrées alimentaires (notamment, mais pas que …).

La révolution, il n’y a pas besoin de la chercher, elle risque trop d’arriver. Ceci nous dit aussi que nous pouvons faire autre chose que de chercher à la provoquer et même tenter de l’éviter ou d’en atténuer au maximum les conséquences.

La permaculture s’attache aux solutions plus qu’aux problèmes. Il ne s’agit plus de s’attarder sur la tristesse des choses regrettables de la vie, mais de s’attarder sur la gaîté des choses souhaitables de la vie.

Pour la permaculture, il ne s’agit plus de renverser les systèmes de domination mais qu’il n’y ait plus de système de domination.

Pour maintenir le système en place tel qu’il est, le recours à la violence est inévitable. Pour renverser le système et en faire une sorte de domination des anciens opprimés, le recours à la violence est inévitable.

Le seul chemin non violent est celui de la reprise par chacun de son pouvoir d’agir et de sa part de responsabilité, sans révolution. Non seulement c’est le seul chemin non violent, mais ce chemin ne peut être emprunté par la violence.

Joris et Salvador pour Permaculture 44

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