Pourquoi Permaculture 44 se positionne-t-elle contre le projet de Surf Park à St Père en Retz ?

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Permaculture44 apporte son soutien au collectif Terres Communes contre le projet de Surf Park car il ne répond pas aux principes éthiques de la permaculture de prendre soin de la Terre, prendre soin de l’humain et redistribuer équitablement.

L’artificialisation d’une zone bocagère agricole ne peut pas être compatible avec le principe de prendre soin de la Terre. La contestation locale et nationale met aussi en évidence un désaccord avec le principe de prendre soin de l’humain. Enfin, l’investissement d’un groupe privé pour son seul profit ne semble pas non plus compatible avec une redistribution équitable.

Ce projet de Surf Park est aussi un non-sens au regard des 12 principes fonctionnels de la permaculture :

  • Observer et interagir : ce principe est celui de la prise de recul. Il s’agit d’un mode de pensée à long terme permettant de comprendre son environnement pour que les aménagements soient durables et avec un impact positif sur le long terme. L’artificialisation de plusieurs hectares de terre cultivable va à son encontre car elle engendre une perte de fonctions productives des sols et de biodiversité, et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, des risques de pollutions voire d’inondations…
  • Collecter et stocker l’énergie : l’énergie nécessaire pour entretenir l’installation et créer les vagues est entièrement dépendante du réseau d’approvisionnement électrique. De plus, cette dépense énergétique n’est aucunement mise au profit de la biodiversité, de la lutte pour le climat ou de la production de nourriture. Au contraire, elle a un impact négatif. L’utilisation faite de l’énergie va donc à l’encontre de ce principe.
  • Créer une production : le projet, mis à part son objectif de rentabilité économique, ne répond à aucun besoin vital des populations alentours et ne contribue pas à la production agricole (alors que les terre sont actuellement agricoles).
  • Appliquer l’auto-régulation et accepter la rétroaction : en artificialisant les sols et en utilisant un bassin de plein air traité chimiquement, le projet élimine d’office toute autorégulation et rétroaction naturelles.
  • Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables : l’aménagement du lieu nécessite un travail important de terrassement, de bétonisation et de construction. La grande majorité de ces travaux sont prévus avec des matériaux non renouvelables et non locaux.
  • Ne pas produire de déchets : le modèle d’activité du Surf Park ne fait pas mention d’économie circulaire. De plus, aucune information sur les techniques de construction durables, l’utilisation de ressources renouvelables, ni la localisation du sable (ressource non renouvelable) nécessaire pour les structures bétonnées n’ont été communiquées.
  • Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails : ce principe repose sur une approche globale et descendante de la conception du lieu pour qu’il s’insère au mieux dans son environnement. Il s’agit d’adapter la conception du projet aux contraintes et spécificités du territoire et non l’inverse. L’installation d’un bassin d’eau douce et la création de surfaces artificielles en pleine zone bocagère et côtière est un non-sens au vu de ce principe. 
  • Intégrer plutôt que séparer : quelles sont les synergies du Surf Park avec les acteurs locaux ? Comment intégrer les paysans sans terre du territoire au projet ? Quelles réponses sont apportées aux nombreux opposants ? Quelles seront les retombées écologiquement positives avec les éco-systèmes aux alentours ? Autant de questions sans réponses qui résonnent comme un inversement de principe.
  • Utiliser des solutions à de petites échelles et avec patience : le projet est monumental et monolithique, plutôt que raisonnable et incrémental. C’est un projet d’aménagement tellement important qu’il a fallu mettre à jour le Plan Local d’Urbanisme pour permettre sa réalisation. Aussi, au vu de la contestation, une concertation devrait être mise en place et la date de démarrage des travaux reculée pour prendre le temps de la réflexion.
  • Utiliser et valoriser la diversité : l’artificialisation des terres, la destruction des haies bocagères et les nuisances anthropiques détruisent la biodiversité existante jusque-là préservée des nuisances touristiques.
  • Utiliser les interfaces et valoriser les bordures : les zones les plus riches de biodiversités sont au croisement des écosystèmes. Plutôt que favoriser les échanges avec le bocage alentour, le Surf Park dresse une barrière annulant l’effet de bordure et morcelant les écosystèmes.
  • Utiliser le changement et y réagir, de manière créative : le projet de Surf Park est dans la continuité des grands aménagements de consommation et de loisirs (tels que Europacity, le Center Park de Roybon, la défiguration du littoral, etc.). Ces projets, longtemps décriés, dont certains commencent à être abandonnés, vont à l’encontre de la nécessité de lutter contre la chute de la biodiversité, le changement climatique et le gaspillage des ressources. En quoi le Surf Park apporte une réponse positive et créative à ces problèmes ?

Au vu de toutes ces raisons, aussi bien éthiques que fonctionnelles, l’association permaculture44 soutient le collectif Terres Communes et s’accorde sur la qualification du projet de Surf Park de « grand projet inutile » de plusieurs associations nationales de protection de l’environnement.


One Comment on “Pourquoi Permaculture 44 se positionne-t-elle contre le projet de Surf Park à St Père en Retz ?

  1. Bonjour.
    Merci de cet engagement de perma 44, contre les grands projets inutiles et le soutien au collectif Terres Communes.
    Quel engagement contre le second périphérique , quel collectif s’est penché sur ce projet du gigantisme avec le risque d’augmenter les flux routiers etc ……
    J’ai rencontré le collectif Terres Communes samedi dernier, et seul le collectif contre le contournement d’ Orvault est impliqué. alors qu’un tronçon doit traverser la zone préservée du Carnet.

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