Un cahier d’acteur en faveur de la permaculture

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En octobre 2014, Nantes Métropole a lancé un grand débat participatif autour des aménagements de la Loire, proposant aux habitants et organisations locales de soumettre des idées. Suite à la rencontre conviviale de Permaculture44, l’un des participants avait proposé de soumettre un cahier d’acteur pour pousser le sujet de la permaculture sur les futurs bords de Loire. Une rencontre a donc été organisée le 25 janvier dernier et voici le compte-rendu.

Présents : Marie, Emmanuel, Joss, Claire, Cécile, Amélie

Ordre du jour : 
Proposer des idées pour contribuer au Débat sur la Loire en proposant un cahier d’acteurs

1. Tour de table et présentations
Emmanuel, participe avec Ecos au maintien d’un jardin en face du Lieu Unique à Nantes.
Le Seve ayant indiqué qu’il n’avait plus les moyens de gérer cet espace vert, Ecos s’est proposé de reprendre l’entretien. Le lieu est actuellement fermé pour travaux.
Josselin, paysagiste, formé à la permaculture de l’UPP et a découvert le collectif permaculture44. Il a proposé lors de la dernière rencontre de pousser le sujet de la permaculture en contribuant au débat sur la Loire.   
Claire, participe à Permaculture44 et Nantes Ville Comestible, expérimente la permaculture sur son terrain de 1000m2 à Maisdon-sur-Sèvre
Marie, participe au Jardin des ronces à Doulon, 1 hectare en production sur la ZAC.
Amélie, historienne de l’architecture et par passion, représente au national la fédération des aménageurs  urbain privés et participe aux actions d’aménagement des territoires.
Cécile, architecte d’intérieure à la base, elle réalise un diplôme d’ingénieure-paysagiste. Elle participe aux animations d’Ecos et Compostri avec notamment un jardin sur Rezé développé selon les principes de la permaculture.

2. Le Grand Débat : Nantes, La Loire et Nous
Nantes Métropole a lancé un grand débat sur la Loire et jusque février la métropole propose aux habitants et organisation du territoire de donner leur avis sur l’aménagement de la Loire via le site nanteslaloireetnous.fr  
Sur proposition de Josselin à Permaculture44, la rencontre a été lançée pour imaginer une proposition collective. Celle-ci doit être rendue avant le 15 février. Le format est de 4 pages maximum et de 8000 caractères, avec possibilité d’illustrations, dessins, photographies. Les noms et prénoms des co-rédacteurs doivent être indiqués.
Les contributions sont à regrouper par catégorie, plusieurs sont identifiées : Produire, se former, se soigner, travailler, Loire espace économique espace écologique.  

Une contribution serait pertinente dans cette dernière catégorie Loire Economique et Ecologique.
3. Echanges
Au départ la rencontre devait mener à proposer un cahier pour le collectif Permaculture44 mais de nouveaux contributeurs ont participé à la réunion suite à l’appel lancé sur la rencontre Nantes Ville Comestible du 24 février. Il est donc envisagé d’élargir le sujet au-delà de la Permaculture tout en l’incluant pour aborder l’agriculture en milieu urbain. Il est demandé aux participants de proposer des thèmes et actions à pousser par le biais de ce cahier d’acteur. Josselin a déjà travaillé sur une proposition concrète qui est rédigée.
La Loire, une source d’abondance : Josselin propose une ferme flottante avec jardins-potagers suspendus et insulaires au sein d’une ferme urbaine pédagogique en partenariat avec les actions du Solilab et autres acteurs intéressés. Ce lieu servira de support d’expérimentations pour la Pisciculure et l’Algoculture en Aquaponie et en eaux vives de Loire entre Mer et Terre. Un marché flottant local biologique, avec une dynamique agricole et permacole pourrait aussi se développer.
Le projet comprend trois volets
  • Source d’abondance:  production alimentaire, pédagogique, vitrine pour éduquer       
  • Ferme flottante avec jardins-suspendus pédagogique : pisciculture, agroponie, en lien avec les Ecossolies
  • Marché flottant
Echanges : il vaut mieux en effet entrer par le volet permaculture que par l’agriculture urbaine car les élus envisagent encore l’agriculture urbaine comme des espaces de champs, ce n’est pas très vendeur. Il faudrait aller visiter d’autres lieux de ferme urbaine, comme celle de La Chantrerie. Il y a à Ceineray une expérience de végétation flottante. Il faudrait rencontrer les gens du SEVE pour envisager de pérenniser un projet. 
Il ne faut pas sous-estimer les problématiques de contraintes de la Loire : la hauteur des marées et la vigueur des courants. Faut-il un espace sur l’eau ou bord de l’eau ? Faut-il utiliser les berges ou faire du flottant ? Tout est question de réglementation pour la ferme flottante.
Il faudrait relier le projet aux possibilités de déplacements autour des voies d’accès, relier les modes de transport fluviaux et terrestres afin d’optimiser les déplacements. Il faut également travailler par étapes progressives et  dans le temps, avec l’appropriation nécessaire par les acteurs (habitants et décideurs politiques).
Il ne faut pas oublier le volet économique et la prise en compte du paysage. Egalement, il y a un manque de structure portuaire sur le territoire, rappeler le lien transports terrestres (incluant vélo, tram…) au réseau fluvial ? Tout en sachant que la mobilité fluviale est en berne du fait de la mauvaise expérience de l’Erdre, et qu’il faut également penser à limiter les conflits d’usage. Il faut cependant évoquer le commerce, la circulation, la production alimentaire, la valorisation du paysage. Penser les trois axes : Economie / Habitat / Mobilité. Il faut présenter l’initiative comme socle, levier d’action, que les collectivités ne savent pas développer seules. Il faut bien poser la réflexion et problématique et proposer du concret.
L’ouest de l’île de nantes restera un espace vert car il est en partie inondable. Un lieu polymorphe à imaginer ? Il y a un potentiel d’aménagement de zones sous-valorisées notamment le DCNS en bas de La Montagne. Il faudrait identifier les autres zones possibles. Un parc naturel régional (PNR) est en cours de création autour de l’estuaire de la Loire. Envisager une action sur ce lieu ? En terme de rapport à la Loire, l’Angélique est une plante endémique et emblématique qui valorise le territoire et génère la protection et observation de ses zones d’implantation. Peut-être quelque chose à imaginer autour de cet aspect. Pourquoi ne pas profiter de cette proposition pour considérer l’utilisation et protection des zones humides sur la métropole ?
Des étudiants travaillent en Master sur la question de Nantes ville vivrière. Cécile pourrait donner les contacts afin de s’en approcher et leur proposer de contribuer également ou échanger des informations. Voir également sur le GIP www.loire-estuaire.org/ pour obtenir plus de chiffres et données sourcées sur l’existant ainsi que l’Estuarium pour le côté patrimoine http://www.estuarium.org/. A l’agence d’urbanisme de la métropole (AURAN) il y a un responsable sur la question agriculture, il serait intéressant de le rencontrer.
A Rezé, Ecos gère une partie de jardins de retraités et anciens, des initiatives à développer à partir d’un lieu ressource ?
D’un autre côté, lors de la rencontre Nantes Ville Comestible il y a eut un atelier pour identifier cinq actions à mener en 2015. La première était réaliser un état des lieux : acteurs et initiatives et lieux sur le territoire en lien avec l’agriculture urbaine. Et la seconde action était imaginer un projet concret de lieu mutualisé, expérimental et vitrine, du type une Maison de l’Agriculture Urbaine. D’autres organisations semblaient intéressées par ce projet, Ecos notamment.  Il semble plus judicieux de proposer une initiative collective sous laquelle on pourrait mettre la ferme urbaine. Josselin partage ses écrits pour que le collectif s’imprègne de la trame  et l’élargisse vers la proposition de la Maison de l’agriculture urbaine qui comprend ce type de ferme.

Conclusion
Les échanges ont permis de déblayer le sujet mais il reste beaucoup de travail pour peu de temps. Il faut remettre un cahier d’acteur avant mi-février.
Il est proposé de présenter une initiative collective avec d’autres organisations qui voudraient rejoindre le lieu. Il faut donc organiser une rencontre rapidement afin d’organiser la co-écriture.
Josselin encourage la lecture pour mixer les idées avec la possibilité d’inclure également sa ferme, à remodeler dans le cahier collaboratif au sein du projet Maison d’Agriculture Urbaine.
Ce projet, avec le regard de la permaculture, devient ainsi une passerelle valorisant la Loire capable d’agriculture urbaine.

La rédaction du cahier se déroulera de manière collaborative à Rezé le 14 février avec ceux qui souhaitent s’investir. Contacter Permaculture44 pour connaître l’heure et le lieu.